Il faut laisser du temps au temps…

 

Les caractéristiques des contrôles, liés au temps, que nous avons abordées dans l’article précédent ne sont valides que pour un contrôle à notre disposition, ‘prêt à l’installation’. Elles régissent sa vie.

Quatre autres facteurs dépendant du temps sont à considérer avant cela.

Le Temps de Conception (TC)

Tout contrôle doit être dessiné et adapté autant à son contexte – c’est l’élément déterminant dans l’étude des risques – qu’à l’objectif qu’il est censé atteindre. Toutes les caractéristiques attendues doivent être décrites : sa catégorie, son type, la dimension de sécurité qu’il va occuper, ses effets ainsi que le niveau maximum d’efficacité attendu, avec les indicateurs qui permettent de mesurer son efficacité.

Chaque adaptation ou modification d’un contrôle existant doit passer par cette phase qui est une des premières du processus de gestion du changement.

Selon le contrôle, ce temps est plus ou moins long, mais il reste généralement relativement réduit.

Le Temps d’Acquisition (TA)

Une fois dessiné, ce contrôle doit être construit, développé. C’est donc une activité ‘technique’ (et pas forcément technologique). En effet, construire, par exemple une formation afin de disposer de personnes compétentes pour exploiter un contrôle (qui peut être une procédure), requiert des compétences particulières et des techniques spécifiques.

Si la capacité de l’organisation l’impose, le contrôle sera construit et développé par un tiers sur base d’un cahier de charges et d’un bon de commande qui est le ‘produit’ du Temps de Conception.

Certains contrôles existent déjà sur le marché, qu’ils soient technologiques ou pas (il existe des formations et des sessions de sensibilisation toute faites) qu’il suffit de configurer à nos besoins. Certains autres doivent être construits pas à pas.
Cela donne encore une durée essentiellement variable.

 

Le contrôle ne pourra être installé qu’à la fin de la somme de ces deux périodes.

Le Temps de Repos (TR)

Une fois le contrôle mis en place, nous nous trouvons dans une situation stable, censée être plus sécurisée qu’avant l’installation.

Est-il judicieux de poursuivre immédiatement par l’ajout d’un nouveau contrôle s’appuyant sur celui qui vint d’être mis en œuvre, comme on le fait avec les blocs de construction ?
Selon la nature du contrôle, cela est très possible.

Mais nous trouverons également beaucoup de cas où, comme le suggère le titre de cet article, « il faut laisser du temps au temps ».

En effet, quand on construit une maison, une fois les fondations creusées et le béton coulé, il faut attendre qu’il soit bien séché et solidifié avant de commencer à construire le mur.
Tout comme entre les semailles et la récolte du blé il faut attendre plusieurs mois… en fonction de la terre et des conditions climatiques.

Nous trouverons également dans notre plan d’actions des périodes pendant lesquelles plusieurs actions simultanées sont menées par des ressources différentes. Il faudra sûrement attendre que toutes les actions soient terminées et validées avant de passer à l’étape suivante.

Le Temps de Décision (TD)

J’ai eu l’occasion d’y être confronté récemment et son poids est énorme. Il peut faire s’écrouler tout l’échafaudage.

La direction de l’organisation doit valider les objectifs, les priorités et le plan. Elle doit également décider de la mise à disposition des moyens et ressources qui sont disponible en interne. Elle doit également, c’est un élément fondamental, désigner les acteurs avec leurs rôles et responsabilités… et ces derniers doivent accepter et se sentir assez motivés pour bouger dans le sens indiqué.

Il faudra parfois réveiller les ardeurs et réactiver ce qui semble en panne.

Les trois premiers temps sont identifiables, mesurables et ‘planifiables’. On peut donc les inscrire dans le plan d’actions. Le quatrième, lui, fait entrer un facteur aléatoire dans l’équation. Il faudra que le gestionnaire du plan d’actions soit aux aguets et intervienne là et quand c’est nécessaire pour éviter un blocage qui pourrait être fatal… et lui être reproché.

 

Nous sommes fins prêts à construire notre Plan d’ Actions. Nous aborderons la fois prochaine, les outils dont nous avons besoin.

 

A bientôt, plus en sécurité avec vos informations

Jean-Luc

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