Comment mon amour de l’Histoire m’a conduit à la sécurité de l’information

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J’ai toujours aimé l’Histoire…

L’information est partout. Et j’ai choisi de l’aborder par une de mes matières favorites : l’Histoire. Quelles informations tire-t-on de l’Histoire et comment ? Qu’est-ce que cela nous apprend sur leurs caractéristiques et leur protection (leur sécurité) ?

Objectif : Médecin

Quand j’étais enfant, je rêvais d’être médecin. J’ai suivi un autre chemin puisque je suis devenu ingénieur en électronique… pour finir par m’investir dans la sécurité de l’information… et de devenir médecin des systèmes d’information. Comment est-ce possible ? Cet article vous raconte, en partie comment.

J’ai toujours aimé l’Histoire, même à l’école où on nous bourrait le crâne avec des rois et leurs dynaties, des batailles et des dates. Il y avait aussi : l’Egypte antique et ses constructions ‘pharaoniques’ ; la Grèce antique avec ses philosophes, son art, sa mythologie et son architecture ; la Rome antique avec sa grandeur, son étendue et la Pax Romana ; la Moyen Age avec ses châteaux et ses chevaliers ; etc.

La frontière entre l’Histoire et la Préhistoire

On parlait peu, à l’époque, de la préhistoire. Les archéologues s’intéressaient à Rome, à la Grèce, à l’Egypte. On savait peu de choses concernant tout ce qui s’était passé avant. Nos professeurs nous apprenaient ce qu’on savait — plus exactement ce qu’on croyait savoir. Mais à quel moment situait-on le passage entre la préhistoire et l’histoire ? Avant les pharaons ? Avant l’Exode du Peuple juif (raconté dans la Bible) ?

Et puis, en 1975, je tombe sur un livre (2de édition d’une parution de 1957) : « L’histoire commence à Sumer » de Samuel Noah Kramer. Et c’est une révélation.

Pourquoi est-ce une révélation et pourquoi ceci a-t-il une importance dans ce blog sur la protection de l’information ? On connaissait les ruines de Babylone avec ces murailles couvertes de céramiques (allez visiter le musée de Berlin…) Qu’y a-t-il eu de neuf ?

L’histoire commence avec l’écriture

Dans les ruines des antiques cités de l’ancienne Mésopotamie, on a découvert des tablettes d’argile recouvertes de symboles : l’écriture cunéiforme. L’écriture ! On disposait enfin, après des génies de traduction, de textes racontant la vie quotidienne, les comptes de marchands, les lois (le Code d’Hammourabi) et l’Epopée de Gilgamesh (les mythes de l’époque).

L’écriture nous transmet des informations

L’écriture cunéiforme est plus ancienne que les hiéroglyphes égyptiennes. La frontière entre histoire et préhistoire a reculé dans le temps. Vous savez maintenant pour quoi j’ai choisi un texte en alphabet cunéiforme comme image de fond pour ce blog !

Et cette frontière ne cesse de reculer car, aujourd’hui, sur chaque site, même de l’âge de la pierre (le néolithique) ou les temps antédiluviens, on peut, grâce à la science, décoder les signes de la nature, les marques laissées par l’homme (des ossements de Lucy aux fresques de Lascaux ou d’Altamira) et imaginer, savoir, comprendre et expliquer ce qui se passait à ces époques et, surtout, comment la vie se déroulait.

Mais l’information, c’est plus que l’écriture !

Notre ADN comprend une information qui nous est propre et qui nous identifie comme être unique parmi toute la population qui, depuis l’apparition de l’homme, a peuplé notre planète — et qui nous différencie des animaux et des plantes.

L’étude de la structure des sols et des roches permet de dater, de comprendre et d’expliquer la catastrophe planétaire qui a causé la fin des dinosaures. L’étude des divers artéfacts — créations des hommes — situe les faits et les évènements qu’ils relatent dans la ligne du temps de l’humanité.

Si on a perdu les sons des langues anciennes – tout en retrouvant leur écriture –, on peut échafauder l’histoire des langues, reconnaître les similitudes et les familles, et se faire une idée de la nature, de l’origine géographique et de l’expansion de ‘la’ langue originale de l’espèce humaine. (« L’origine des langues : sur les traces de la langue mère », Merritt Ruhlen)[i],

Tout est information 

Tout est information : les mots (dits et écrits), les sons, les images, les couleurs, la lumière, les odeurs, les goûts, les vibrations. Nous les détectons par nos sens et nous les interprétons grâce à tout ce que nous avons appris depuis les premières minutes de notre vie… même, dit-on, déjà dans le sein de notre mère !

Si un seul élément de notre ADN, si une seule liaison dans celui-ci, — indiscutablement une information — est modifiée ou défaillante, nous tombons malade, nous ne sommes plus ‘comme les autres’ ou ne sommes plus viables.

Le traitement de l’information

Après plusieurs mesures de la quantité de Carbone 14, faussées (polluée) par un autre agent, on arrive à une date erronée et toute notre théorie historique est bancale !

Si nous trouvons quelque chose d’intéressant dans un endroit (site de fouilles) où il n’a rien à faire normalement — comme une pièce de monnaie romaine en Inde —on imagine soit une importation — et donc des voyages et du commerce — soit que quelqu’un a voulu fausser l’histoire.

D’où vient cette pièce, comment et quand est-elle arrivée là, pourquoi ? C’est tout l’art des historiens de répondre à ces questions. Sans ces informations, on ne sait rien et on en est réduit à des conjectures.

Les historiens et autres scientifiques sont forts pour ‘passer sous silence’ des informations sur leurs découvertes qui pourraient susciter la convoitise, fausser les résultats s’ils sont dévoilées trop tôt ou causer la panique car elle saperait une bonne partie des fondations de notre culture.

C’est le cas, entre autres, des fameux OVNI, des interventions d’extraterrestres, des mystères sur la construction des pyramides.

Et demain ?

Mais… qu’en est-il aujourd’hui des traces que nous laisserons à nos descendants ? Notre société virtuelle ne dispose plus de supports pour conserver nos données sur une très longue période. Sans électricité, plus moyen d’archiver, de lire ou de maintenir une copie !

C’est même un fameux défi que de vouloir — et de démontrer sa capacité — à archiver sur des systèmes informatiques des données sur des périodes de 20 à 30 ans — bien inférieures aux concessions à perpétuité dans nos cimetières.

Comment feront les générations suivantes, dans le futur, si elles ne disposent pas des informations sur notre histoire contemporaine ?

Il leur faudra survivre et tout reconstruire … presque depuis les romains — car on ne construit même plus des bâtiments qui tiennent plus de 75 ans ! Seuls quelques monuments et artéfacts du dernier siècle seraient conservés. Alors que cathédrales et châteaux-forts seront toujours là, à tout le moins en partie !

A moins de trouver un support pérenne — par exemple le plastique, la hantise des écologistes mais bien plus résistant que la pierre — et un code (un langage) qui soit compréhensible sur le long terme.

Conclusion

Chemin faisant, nous avons découvert les quatre critères principaux pris en compte dans la sécurité (la protection) de l’information : la disponibilité, l’intégrité, la traçabilité et la confidentialité. Voilà une bonne chose de faite.

Vous constatez également que je parle de l’information sans me référer à l’informatique et à Internet. Ce ne sont que des moyens pour conserver, transmettre et traiter l’information. L’homme gardera toujours le contrôle – ne fût-ce que pour pousser sur le bouton — et le papier le support ‘backup’ ou ‘urgence’ indispensable.

Mais à quoi cela me sert-il ? A quoi dois-je faire attention ? Que dois-je faire ? Que peut-il se passer pour impacter ces critères (et les autres tout aussi importants) ?  Quelle différence dans ma vie privée et dans le monde professionnel ? Est-ce important dans ma vie de tous les jours ?

C’est ce que nous découvrirons ensemble dans ce blog. Posez-moi vos questions. Dites-moi ce qui vous tracasse. Nous trouverons ensemble une réponse. Je dis ensemble, parce que je n’ai pas la science infuse, je ne sais pas tout — malgré mon expérience Il y a tant de secrets encore à découvrir.

Comme on le dit et l’écrit dans tous les livres et sur tous les blogs de développement personnel, nous voyons et ressentons les choses au travers de nos propres filtres. Je pourrais bien ne pas comprendre directement votre problème et ne pas pouvoir expliquer ‘simplement’ quelque chose qui est complexe pour vous et trop évident pour moi.

Commentez, questionnez… je suis impatient de vous répondre

A bientôt donc, plus en sécurité avec nos informations…

Jean-Luc

(Crédit Photo: Dreamstime)


[i] « The Origin of language: tracing the evolution of the mother tongue », [trad. Pierre Bancel, préf. André Langaney] Paris, Belin, coll. « Débats », 1996 (ISBN 978-2-7011-1757-7)

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